Sculpture - «Soupir», photogra(…)
Ma peau est caractérisée par une dermographie : elle mémorise pour quelques instants le geste qui c'est posé sur elle. Cette peau réagit comme le papier photo sensible à la lumière. Cela me donne matière à exprimer cet échange, ce rapport entre les êtres.

Mon corps devient une sorte de borne sensible, révélant par graphisme ce qui l'entoure, laissant trace de l'instant. C'est ma peau, mon corps que j'investis mais dans l'idée que c'est la peau de tout à chacun. La peau qui nous contient tous et en même temps ce qui nous délimite face à l'autre. Elle implique une attitude envers autrui. (hyper sensibilité, fragilité, les nerfs à fleur de peau, les nerfs à vif). «La peau humaine est une prairie dont les brins d'herbes sont autant de terminaisons nerveuses. Le moindre contact physique peut laisser dans le cerveau, gravé la trace de l'instant.».

Cette réaction a un caractère très éphémère, une vibration qui se transforme en ambiance musicale : la peau devient le support papier, le grain de la peau les notes, la mélodie. La griffure est le signe, la ponctuation, un silence, un soupir inavoué, tué. C'est un signe, un geste jamais dit mais toujours respecté. Ce do est la partition d'une émotion.

(Parmiggiani, Physiognomonie céleste).